Armelle Chitrit, Peaufine, fables gourmandes – français-anglais-arabe, Unicité, 2019.

Le recueil d’Armelle nous entraine dans son monde de rêves qui se mélange avec son parcours de vie. Un parcours aux saveurs des langues, de cultures comme on ouvre une porte aux rivages des humanités. Elle nous restitue cette faconde dans le recueil Peaufine.

Ce dernier livre rappelle son passé qui est un hommage à sa mère, aux odeurs de la cuisine orientale, aux senteurs caractéristiques du poivron quand il frit dans l’huile.

Le livre d’Armelle n’est pas que cela, il est le canevas du mélange des langues, celle du Maghreb, le français, l’anglais. Il est aussi la reconnaissance des peuples du sud, son projet d’une humanité resplendissante. Elle nous imprègne des rêves du poète, renouvelés sous forme d’un jeu et éveille la curiosité de notre part d’enfance. Elle jongle alors entre gravité et humour pour braver les obstacles que sont l’inquiétude, l’indifférence, la violence ou l’ignorance.

L’écriture d’Armelle Chitrit est une fenêtre d’expression du surréalisme, une écriture à la fois ludique et profonde. Du burlesque aux espaces du sommeil; Armelle traverse le rêve de Desnos qu’elle poursuit depuis la publication de sa thèse.

L’écriture surréaliste permet d’imaginer que son utopie est une arme de résistance. Qui est sa chair d’humanité. 

La Poire, poème extrait du recueil Peaufine

Elle a la forme d’un espoir

Elle a pas d’peau la poire

Elle se sucre le corps

et nous refait l’histoire

des plaisirs de la porte

La chair en est soyeuse

qui tant absorbe et absorbée

que le pépin cogite :

« Pas d’peau la poire ! »

glisse sur les commissures

entre le sucre et l’or

Car tout doit disparaître

Ni peau ni poire

Ni chagrin

Ni mémoire.

Recension rédigée par Michel Bret.

L’inépuisable source du désir

Mardi 16 mars 2021 à 19 h 30.

L’enregistrement de la lecture a été mise en ligne sur Youtube le 17 mai. https://youtu.be/XMdnQ8A_Vek

Lecture de poésie avec les poètes :

Marc-Henri Arfeux, Béatrice Aupetit-Vavin, Anne-Lise Blanchard, Jean-Gabriel Cosculluela, Barbara Le Moëne, Frédérique Lignon-Rouyard, Marie-Thérèse Peyrin et Geneviève Vidal.

Lecture sur le thème du désir par les poètes adhérents de
l’association les Amis de l’AdVertance. Les propositions poétiques
seront teintées d’un véritable appel à la renaissance, au renouveau,
à un retour aux sources. Avec, pour moteur, le désir d’alimenter ce
réveil des corps et des consciences.

sur un détail d’une peinture de Barbara Le Moëne

Josiane Gelot

Josiane Gelot s’est éteinte le 6 mai 2025.

Elle a fait parti du comité d’organisation des Coïncidences poétiques pendant plusieurs années. Nous avons décidé de lui consacrer une entrée dans la rubrique Anthologie. Cet article rassemble tous les textes qu’elle a publié à notre connaissance soit dans des revues, soit dans des plaquettes. Ses amis pourront ainsi relire ses poèmes sur notre site.

La constitution du dossier est en cours. Il sera mis en ligne prochainement. Il comporte plus de soixante pages de poésie.

Voici l’un de ses poèmes :

Laisser tomber les souvenirs

N’avoir de mémoire que la veille

Retenir l’éphémère

Hier

Un mur de dahlias

Fleurs couleurs

Frappées du sceau de l’indicible

Retenir

Le dahlia hybride cactus rayonnant

Pétales effilés d’un jaune mourant

Jusqu’à la pointe trempée de rose

Comme un pinceau

Ecoper vider la mare aux souvenirs

Hier c’était hier

Aujourd’hui une part du ciel, à l’est

Echappe encore à l’orage ;

Lumière échevelée de gris

Sur le square où des enfants

Crient encore :  vite !

Crier avant la pluie

Aujourd’hui

En mémoire de demain.

                       Josiane Gelot, Au désordre du monde

     

Josiane Gelot

Je vis à Lyon, où je suis née en 1948. Après des études de lettres, j’ai travaillé dans des secteurs professionnels très divers, dont trois années de collaboration à la création et à l’animation d’un théâtre, en tant qu’éclairagiste et chargée des relations publiques.

J’ai finalement opté pour une carrière dans le secteur du travail social, où j’ai assuré l’accompagnement de personnes fragilisées par des histoires familiales et sociales chaotiques et douloureuses.

Au gré de ce parcours, l’écriture a été un fil conducteur. D’abord  sous forme de journaux, de carnets, puis la forme poétique s’est imposée. Une poésie qui s’écrit le plus souvent au rythme de longues marches dans les villes, une écriture qui veut témoigner d’un regard posé sans concession sur le réel, mais une lucidité qui ne cède pas au désespoir : partout la vie est là et bien là, qui insiste, « comme l’herbe crochetée au béton ».   Josiane Gelot.

Bibliographie :

Brins, Le Suc et l’Absynthe éd., 2005 (épuisé), Lignes de nuits, Le Suc et l’Absynthe éd., 2006 (épuisé),  C’est assez ! (Dessins de Patrick Bachs) – Autoédition, Au désordre du monde, Interventions  Haute Voix, 2017. Viens marchons, témoignages poétiques, L’Harmattan, 2021.

Publications en revues : Verso (n° 132, 138, 151), L’Inédit Nouveau (n° 210), Lieux d’être (n° 45 ; 52/53), Contre-Allées (n° 23/24), Chemins de traverse (n°35), Décharge (n° 134 ; 169), Bacchanales (n° 48), Écrits du Nord (n° 21-22), La Gazette de la lucarne, Traction Brabant (n° 61 ; 78), Jointure (n°99), Cabaret (n°16 ; 27), Traversées (n° 91).

Lectures à Bibliothèque Municipale Lyon 2èmre, Salon de la petite édition (Crest, 26), La Cave Littéraire (Villefontaine,38), Soirées de la revue Verso, Coïncidences poétiques, Lecture publique chez le peintre Patrick Bachs associée à une exposition des dessins de P.Bachs, Galerie J.L. Mandon, Lyon 2ème.

Anne-Lise Blanchard

Anne-Lise Blanchard qui fut danseuse, chorégraphe avant d’être thérapeute, aime à parcourir les Alpes, un espace qui traverse son écriture.  Elle s’est familiarisée depuis 2014 avec la problématique des chrétiens d’Orient en se rendant régulièrement au Proche-Orient et depuis ne cesse de porter leur voix. Née au bord d’une mer violette, elle a longtemps vécu dans une ville entre deux fleuves. Elle réside depuis peu au pied de la Chartreuse. Longtemps collaboratrice critique de plusieurs revues de création littéraire et artistique (Verso, IHV, Lieux d’Etre, Diérèse, Mag’Ada), publiée dans de nombreuses revues : Arpa, Lieux d’Être, Diérèse, Propos2campagne, Bacchanales, Décharge, Bleu d’encre, La Passe, N4728, Thauma, Diptyque, Souffles, La moitié du fourbi, Le Journal des Poètes, Vents alizés, Terres de Femmes, Recours au poème, Les Carnets d’Eucharis, Les Cahiers du sens, La Revue alsacienne de littérature), elle a également animé pendant sept ans à Lyon les soirées littéraires et musicales dites « Les mardis d’Isabelle ». Elle est l’auteur de quelques vingt livres – poèmes, haïkus, récits.  Présente dans plusieurs anthologies. Finaliste du Prix de Poésie de la revue Nunc 2018, lauréate du Prix Aimé Césaire de la SPF. Elle crée en 2020 la première édition du Printemps des Poètes dans sa vallée et « Les Navigations Poétiques », lectures bimestrielles dans le Val d’Ainan.

Derniers livres parus : Carnet de route de l’Oronte à l’Euphrate, les marches de la résurrection (récit), Via Romana, 2020 ; Epitomé du mort et du vif, Jacques André éditeur, 2019 Les jours suffisent à son émerveillement, Unicité, 2018 ; Le soleil s’est réfugié dans les cailloux, Ad Solem, 2017 ; Ascèse des corps, Encre et lumière 2012 ; Au près, Les Aresquiers (livre d’artiste) 2012 ; Copeaux des saisons, Corps Puce 2011.

Anthologies : Donne poeti di Francia e oltre dal Romanticismo a oggi, 2017 ; Anthologie poétique francophone de voix féminines contemporaines « Pas d’ici, pas d’ailleurs, 2012 ; 111 poètes d’aujourd’hui en Rhône-Alpes, 2005.

Dossier dans Diérèse n°45, été 2009

Dossier dans Diptyque n°3, Entre-deux, février 2014.

Dossier dans Poésie 1ère n°74, La poésie et ses environs, septembre 2019

 

https://anne-lise-blanchard-poesie.com/

 

Grégoire Damon

Grégoire Damon

Né en 1985 à Saint-Etienne, émigre à Lyon en 2003. Fait un tas de trucs passionnants et/ou salissants. Découvre que la poésie bat encore vers 2010, s’y met (doigts et cordes vocales). Co-fonde en 2016 la revue en ligne REALPOETIK avec Sammy Sapin.

Fait des romans :

La Rue de la soif, ArHsens Éditions, 2007.

Fast-food, Buchet-Chastel, 2018.

Et de la poésie :

Mon Vrai boulot, D’Origine, De Gras et de nerf, au Pédalo ivre.

99 noms d’un seul truc, chez Gros Textes, 2015.

Un Peu plus ample un peu moins moche est paru confiné chez Vanloo en mars 2020.