Le loup, ce serait cette conscience ancienne qui suit de près, talonne, flaire et reste tapie dans l’ombre, un peu comme une préfiguration de la grande Vengeuse, comme cet éternel mythe qui passe et repasse et file, marque ses kilomètres de sa silhouette et pose délicatement ses signatures contre les buissons, au bas des troncs ou dans nos têtes.
Katherine L. Battaeillie est partie d’un dessin d’Anne Petrequin d’un loup debout, presqu’un homme, pour débusquer dans la mémoire tout ce que l’animal résurgent de la culture des campagnes porte en lui, de ce gros paquet de fantasmes et de désirs mâtinés de peurs, ce double au fond, cet autre soi-même, qui se cache au fond de nous, comme une intemporelle cible…
mais le chasseur aura mal vu
à travers les taillis emmêlés
c’est moi qu’il visera
en plein cœur
Ce mythe est aussi ce misérable, plus misérable encore que le plus déclassé des humains, qui se terre et se désole…
Toute la meute à la queue sale
et malodorante et traînant par terre
les louveteaux accrochés à leur mère
trop serrés
(pouvait-elle avoir gémi de plaisir)
et son lait âcre
sous les racines difformes
dans l’air suffocant de la tanière
le lait âcre qui donne la force
Avec une maîtrise étonnante de l’écriture, Katherine L. Battaeillie, dresse dans ce tout petit livre le portrait de nous-mêmes avec le loup comme révélateur, qui endosse très humainement sa triste condition et sa puissance projetée, qu’il soit là ou qu’il n’y soit pas.
Poète et peintre est né à Lyon en 1957, après des études chez les frères maristes, il exercera différents métiers dans l’industrie des arts graphiques, jusqu’en 2018 chargé de mission des éditions touristiques à la région Rhône-Alpes. Il suivra les cours de dessin et de peinture de l’atelier jean Dulac à Lyon. En 1975 sa rencontre avec le peintre et écrivain Jean Raine influencera durablement son travail. Il publiera dans différentes revues poétiques : Friches, Sezim, N4728,Diptyque, Verso, parution dans la revue de poésie internationale de la Sorbonne en 2013, dans le premier numéro des carnets d’Eucharis ainsi que dans la revue L’écharde en 2018. Depuis 2022, il collabore à la revue Matières à penser (essais sur l’histoire de l’Art) et anime un centre d’expositions dans la région lyonnaise.
Expositions individuelles Château de la Salle Lantignié Département du Rhône 2022 La Cave Littéraire – dialogue pictural avec Georges Mérillon 2014 et Henri Meschonnic 1999 Clinique du Parc Lyon 2013 Grand hôtel Concorde Lyon 1998 Mairie centrale Lyon 1994 Galerie Jean Dulac Lyon 1986 Université Lyon II Bron 1983
Expositions collectives Salon d’Automne Société Lyonnaise des Beaux-Arts Lyon 1991 Salon d’Automne Lyon 1983 Salon Regain Rencontre des arts (membre du jury et responsable publicité) 1980-1984 Recueils : Polyphonies nocturnes Éditions du Cosmogone 2023 Glace et Forge Éditions du Cosmogone 2021 Silex – Pensées notes et aphorismes Éditions du Cosmogone 2019 Soleils des archives suivi de Éloge des ombres Éditions du Cosmogone 2019 L’Unique veine éditions du Vampire Actif 2007 La veine secrète les Paragraphes littéraires de Paris J-M Martin 1977
Roland Dauxois
Soleils des Archives suivi de Éloge des ombres 2019 Éditions du Cosmogone Lyon avril 2019
ARCHIVE 17
Écoute pendant qu’il est encore là ce temps de noces heureuses, écoute avant de partir, avant de voir grandir ton ombre sur des façades taguées, avant de connaître la fatigue, la nuque qui accepte la douleur, ce corps qui refuse d’aller là où veut le conduire la tête.
Écoute, tu emporteras en ton bagage un peu de cette terre bien grasse, un peu de ce sable qui se disperse si vite, un peu de cette herbe aussi qui souffre tant sous nos pieds, beaucoup de cette musique qui fait vibrer les cœurs et les vitres. Tu emporteras aussi des livres, beaucoup de livres, car là où tu vas on lit si peu, tu emporteras des torrents, des cascades, des fleuves de paroles, car là où tu vas ils n’ont jamais appris à parler, tu emporteras aussi les mémoires des morts, toutes les histoires de nos morts, car là où tu vas ils n’ont jamais su vivre.
ARCHIVE 54
Je vous ai vu comme un navire échoué sur le continent du désordre, voyageur perdu en sa quête de miséricorde, je vous ai vu homme sur un banc de pierre, tête dénudée, nuque plongeante. Je vous ai deviné : la rage au cœur, esprit assiégé, corps tordu, je vous ai vu et je vous ai aimé le temps d’une fatigue.
ARCHIVE 55
Notre prison est si haute qu’elle côtoie le monde des oiseaux.
ARCHIVE 60
J’ai connu ces nuits où nous cherchions ensemble ces lignes invisibles qui nous reliaient aux étoiles, j’ai connu ces nuits où le mystère nous était donné avec l’évidence d’une fleur qui s’ouvre.
ARCHIVE 90
De grandes forces s’affrontent, elles se sont toujours affrontées, toutes ont leurs victimes et leurs bourreaux, toutes ont leurs idoles.
Les entendez-vous ces troupeaux qui avancent ? Ils portent leurs fièvres et leurs peurs comme des étendards, leurs larmes sont leurs cris, et leurs cris sont de vaines alarmes, leurs yeux pleins d’effroi racontent tous la même histoire. Les clameurs qui s’élèvent ne sont jamais guidées par la raison et l’esprit pour survivre doit se garder des vacarmes.
ARCHIVE 100
Quand nous aurons vendu notre corps à tous les diables, cédé les domaines de nos rêves, quand nous aurons oublié jusqu’à ces mains qui n’ont jamais oublié les nôtres, quand nous aurons largué toutes les amarres, tout ce qui nous retient ici-bas sur ces rives violentes, quand nous nous serons défaits de l’emprise de nos peaux marquées par les stigmates du désir, quand nous aurons oublié la faim et la soif, quand nous aurons tout oublié il nous suffira de tout recommencer, là où les archives du fleuve se réconcilient avec celles de la mer.
Éloge des ombres
23
Nous avons aimé un passé qui avait goût d’avenir, nous avons aimé cette chair, cette figure, cette grâce, nous nous sommes épris tant de fois d’ombres aussi légères que fugaces.
Nous avons aimé tant d’étoiles qui avaient fait vœu d’obscurité, nos têtes se sont nourries de si abondantes sèves, plus d’une fois nous avons voulu arracher nos racines, mais nés de la tourbe nous ne pouvions renier l’argile.
Un pas de plus et nos têtes saluaient l’éclair, nos ventres s’ouvraient aux troubles signatures : paysages charnels des miroirs, spectres de parade, escortes fidèles en des édens de plâtre.
Un pas de plus et nous étions seuls au milieu des sépulcres, des forêts de ciment, des grimaces de pierre, dépouillés de tout, pillards pour tous.
Nous étions ces animaux sombres et fiers livrés aux arènes des hommes, ces grands vaincus devant la multitude, nous étions ces insurgés à la parole haute aux rêves trop grands pour ce monde.
75
De quel effondrement écrivons-nous, de quel horizon à la sourde vibration écho d’un monstre double à l’éclatante diction.
De quelle faille, de quelle flétrissure, parvenons-nous à nourrir nos ventres afin qu’ils rendent en quelques vomissures ces brouillons d’éternité, ces ratures. Nos chairs toutes sorties du même enfer, du même chaos de ferraille, en ces décharges de têtes nues, de cœurs rudimentaires.
Avons-nous trop parcouru cette ville où des ombres aux balcons saluaient à gestes lents la grande foule des tortionnaires ?
GLACE ET FORGE 2021 Editions du Cosmogone octobre 2021
1
Brûlots sur nos terres, crachats en nos yeux, colères dans nos bouches, nous avons confié nos souffles à la mer, elle a recraché la pauvre écume de nos os.
Comment pourrions-nous, trouver la force de dire toutes les plaies du monde, les douleurs des affamés, l’invisible souffrance des cœurs dévastés, quand tous veulent ligaturer nos membres, et arracher notre langue.
Comment pourrions-nous accéder à la magie de l’enclume alors que nous ne parvenons plus à suivre le rythme de la forge ?
28
Je suis en ces temps de faïence d’une fragilité de murmure, ma parole est ma sueur, je bouge suivant mon cri, ma langue est une image aussi folle que passante, j’aime m’oublier en vous, j’aime aussi ce que le temps me refuse. Mon corps traverse un monde devenu aussi étrange que fourbe, j’arrache au passage un peu d’air, je m’encombre, me dénombre, il est un peu tard pour désenclaver l’ombre.
Redonnez-moi la puissance des éveils impossibles, la jouissance de la terre, le souffle, l’arrogance du verbe, la résurgence des grands fonds, des abysses, des cavernes, redonnez-moi la beauté, rendez-moi la fougue de la langue, la lenteur des nuages.
36
Sentir ce long glissement, accepter de rejoindre, là où tout peut encore se confondre sans perdre cette parcelle de vie, cette note parfaite sur la corde qui annonce les fiançailles éclatantes du jour.
Un soir vous vous êtes égarée, ombre penchée dans cet escalier avec toute la grâce des cygnes qui connaissent la cruauté des rivages.
38
Il y a peu du ciel au réveil, le corps cherche son souffle, cherche la lumière ; celle qui cisaille l’obscurité, ouvre d’un coup une brèche inespérée.
49
Ils ont dressé encore un mur, vous verrez qu’ils en dresseront un à l’intérieur de notre bouche, à l’intérieur de notre crâne. À seule fin de ligaturer notre langue, de coudre notre bouche, de nier jusqu’à notre nom d’homme.
51
Ami, je ne vois en nos histoires que des encriers sans plume.
Ami, que sommes-nous devenus que ces visiteurs défaillants écrivant pour les seuls oiseaux.
Poète, auteur, interprète Directeur artistique de la compagnie Étrange Playground. etrangleplayground@gmail.com www.ecampo.fr
Emanuel Campo, né en 1983, est un poète franco-suédois, édité aux éditions la Boucherie littéraire et aux éditions Gros Textes. Il habite à Lyon depuis 2007. Ses textes, oscillant entre humour décalé et nostalgie, saillies scandées et collages de phrases, portent une parole incarnée dans un quotidien. À la fois auteur et interprète, il est issu d’une génération de poètes qui s’est très vite emparée de la scène. D’abord artiste spoken word, il pratique depuis toujours le texte en musique. Il joue depuis 2021 un duo « Poète & Batteur » avec le batteur Éric Pifeteau. Il crée ses spectacles et porte des projets collaboratifs au sein de la compagnie Étrange Playground qu’il fonde en 2011. Il a été membre de projets musicaux comme PapierBruit (duo à Lyon, plusieurs EP depuis 2013). Il a performé ses textes en musique, en solo, en collectif sur de nombreuses scènes (Grand Palais à Paris, Marché Gare, Périscope à Lyon, Les Abattoirs à Bourgoin-Jallieu, Théâtre de la Renaissance à Oullins, Lieu Unique à Nantes, Comédie de Valence, Théâtre Dijon-Bourgogne, Nuits du Slam, Maison Rousseau Littérature à Genève…) et a collaboré à la création d’une dizaine de spectacles avec Marion Chobert (Cie la Multiple), Éric Massé (Cie des Lumas), Paul Wamo, Compagnie Abysses, etc… Son site : https://www.ecampo.fr/
Bibliographie :
Livres publiés POÉSIE – Ligne de défense, éditions la Boucherie littéraire, 2021. – Faut bien manger, éditions la Boucherie littéraire, 2019. – Puis tu googlas le sens du vent pour savoir d’où il venait, éditions Gros Textes, 2018. – Maison. Poésies domestiques, édition revue et augmentée, éditions la Boucherie littéraire, 2016, 2019. – Maison. Poésies domestiques, éditions la Boucherie littéraire, 2015, 2016. Epuisé. Anthologies et ouvrages collectifs POÉSIE – 15 – Service d’Aide aux Mots Universels, anthologie constituée par A.Lefauconnier & B. Doucey, éditions Bruno Doucey, 2025. – Filles bouchères & Garçons bouchers, anthologie des 10 ans des éditions, éd. La Boucherie littéraire, 2024. – Grâce… Livre des heures poétiques, anthologie constituée par T. Renard et B. Doucey, éditions Bruno Doucey, 2024. – Incarner, 30 poèmes pour dire le corps, anthologie du Serveur Vocal Poétique, éditions la Chouette imprévue, 2024. – Montagnes, chemins d’écritures, anthologie constituée par J-P Chambon, éd. Voix d’encre, 2023. – Le Désir de la lettre, anthologie constituée par D. Sampiero, Coédition MusVerre / Bernard Chauveau Édition, 2021. – Voix Vives de Méditerranée en Méditerranée – Anthologie Sète 2019, éditions Bruno Doucey, 2019. – Tempêtes dans un verre d’eau, collection Impasse de la source, Trois petites truites éditions, 2019. – Perrin Langda & Compagnie, éd. mgv2>publishing, 2015. – L’insurrection poétique, éd. Corps Puce, 2015. – Charlibre : le poème du jour d’après, éd. Corps Puce, 2015. – Emprunts d’écrits, éd. La Passe du vent, 2010. Publications en revues papier – Ouste n°31 (2023), Gustave Junior n°4 2022, Centre de création pour l’enfance de Tinqueux, Gare Maritime 2022, Maison de la poésie de Nantes, 21 minutes n°3, 2022, Revue Gros Textes n°46, 2019, TESTE – véhicule poétique n°31, juin 2018, La Terrasse n°3, juin 2018, DeZopilant n°27 (2018), n°19 et n°17 (2014), n°13 (2012), n°11 (2012), Va!, numéro prune, mai 2018, Centre de création pour l’enfance de Tinqueux, Revue Métèque n°5 (2017), n°7 (2018), Basse_déf n°2, octobre 2016, collectif Bêta, Bacchanales n°53 (2015) et n°57 (2017), Maison de la Poésie Rhône-Alpes, Microbe n°80 (2013), n°82 (2014), n°96 (2016), N4728 n°21 (2012), Némésis plusieurs numéros de 2005 à 2011, revue de poésie à Dijon. Publications en revues numériques – Pointbreak.fr, 2020. Lire, Revue Méninge n°2 (2015), n°19 (2020), Terre à ciel, octobre 2017. Lire, Realpoetik n°6, juillet 2016. Lire, Cohues n°16 (2015), 17secondes n°3 (2013), n°4 (2014), n°6 (2015), n°8 (2016), Ce qui reste, 29/09/2014. Lire. Écriture et direction de recueils participatifs (hors commerce) (en codirection artistique et coréalisation avec Marion Chobert, metteuse en scène, une série de recueils conçus et édités hors commerce dans le cadre de projets artistiques participatifs menés avec de publics spécifiques.) – Un équilibre délicat à trouver, co-écrit avec des adolescents et des parents sur la relation Parent/Ado, édité par la compagnie La Multiple, Dijon, 2024. – Guide poétique des Grésilles, co-écrit par les habitants du quartier des Grésilles à Dijon, édité par l’association De Bas Etages, Dijon, 2024. – Pas là pour fondre, co-écrit avec des adolescents incarcérés à la Maison d’Arrêt de Dijon, édité par la compagnie La Multiple, Dijon, 2022. – Trouver ses mots, co-écrit avec des adolescents isolés, en souffrance psychique, ou en grande difficulté scolaire, édité par la Mnoterie, Dijon, 2022. – Quartier mineurs – l’écho des cellotes, une pièce co-écrite avec des adolescents incarcérés à la Maison d’Arrêt de Dijon, mise en page et impression par Maud Leroy, éditions du Bon Pied, édité par la compagnie La Multiple, Dijon, 2020. – Tête-à-tête, co-écrit avec des adolescents incarcérés à la Maison d’Arrêt de Dijon, mise en page et impression par Maud Leroy, éditions du Bon Pied, édité par la compagnie La Multiple, Dijon, 2020.
Textes :
Se déchausser Chez moi on se déchausse. Le réparateur ne s’est pas déchaussé. Depuis, mes pieds me brûlent. C’est gênant. L’impression d’y laisser des miettes. Je nettoie derrière moi. Je brique. Brique. La musique provoque un truc chimique. Faudrait concevoir un lieu pour les papillons. Un silence dépasse d’un bout de bois. Il est 15h30 et dans certaines régions du monde, le soleil se couche. Les gens allument des lumières aux fenêtres. Les gens allument des lumières aux fenêtres. Les gens des lumières aux fenêtres. Les gens s’allument aux fenêtres. Les gens des fenêtres. Les gens aux fenêtres. Les gens fenêtres. Le g Fnêtres. Fnêtres. N’être. Des mèches. J’aime la clarté de la chose froide. Une maison s’ouvre. Des véhicules se garent. T’y pourras jamais rien. C’est un beau final. ** Le dernier jour des arbres C’est le dernier jour des arbres nous escortent jusqu’à l’aéroport entaille le sol depuis le ciel tombe des flocons au départ 12h20 check-in 11h50 max de bruit à l’embarquement nous sommes plusieurs ce jour à venir-quitter les personnes qu’on aime pour notre vie est parfois ailleurs que dans les origines sont mystérieuses et choisies. C’est le dernier jour des arbres nous escortent jusqu’à l’aéroport est une plaie ouverte sur laquelle les gens s’amassent pour s’embrasser il faut des bras des, jambes des, bouches des, têtes des ventres pondent des fils et des filles, les fils et les filles des aéroports déambulent sur des tapis roulants escortés par les boutiques de luxe et duty-free from desire passe à la radio. C’est le dernier jour des arbres nous escortent jusqu’à l’aéroport entaille le sol depuis le ciel tombent des flocons au départ 12h20 check-in 11h50 max de bruit à l’embarquement nous sommes plusieurs ce jour à quitter-venir parfois de près on se ressemble comme deux routes depuis la dernière fois on s’était dit à bientôt on se retrouvera chez toi chez moi on verra quand est-ce qu’on arrive à l’endroit d’un voyage il reste le prochain. ** CINQ FOIQ CINQ VINGT-CINQ (extrait) Juste là-haut quand on écoute les vis du temps serrer plus fort les planches on entend le son d’ un génial tour de manège l’espace apparu on plante des meubles pour habiter là nous habitons ici à la recherche des violons du cosmos cosmos musical est le mot précis on cherche les bonnes définitions les contours réels du lâcher pour que ça glisse genre savon et mousse genre kermesse gentille qu’on finisse heureux d’être ceci cela sans préméditation heureux de ça et respirerons dans les cendres assimilons les molécules des morts qu’ils vivent en musique nous bougeons dans le recyclage et vibrons dans des chansons tristes joyeuses douteuses ou butées tout n’est que beatmaking pistes superposées d’extraordinaires outils