Tant de départs — Sylvie Fabre G.

La Revue

Tant de départs si peu d’avancées ou d’issues,
rescapés d’un instant nous nous arrimons
à une montagne de petites éternités où coule l’adieu.

Le secret intouchable des cimes qui butent sur le bleu
nous précède nous traverse et nous suit. Il s’agrippe
à tes mains à tes mots alpinistes qui ne savent rien
ni de l’avant ni de l’après, seulement le col, bouche-bée
d’un destin en sa concentration : une vie reçue rendue,
dans l’entre-deux, est-ce le milan siffleur ou bien
le vent leveur de cendres qui choisit ta destination ?

Sylvie Fabre G. Nos voix persistent dans le noir, éditions L’herbe qui tremble, page 35 (choisi par Chantal Ravel).

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