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Roland Dauxois — Pour planter une vigne il faut un printemps, préface de Guillaume Dreidemie, éditions du serpent, 2026.

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Nous avons lu · 2026

Roland Dauxois — Pour planter une vigne il faut un printemps, préface de Guillaume Dreidemie, éditions du serpent, 2026.


Est-il question du désespoir quant à la poursuite de l’étonnante histoire de l’humanité ? L’absence désormais de printemps ? Ce monde des hommes / souvent nous accable. Virgile saluait les commencements, Roland Dauxois déplore les égarements des hommes.
Face à la nature qui a été luxuriante, à son printemps neuf, les détours sinueux des idées, les pièges de l’intelligence ont raconté une autre légende, obscurcissant l’avenir, interdisant à ceux qui auraient voulu voir et comprendre plus exactement le droit de dire.
Où vont-ils tous ces égarés,
ces mutilés du langage et de la vie,
où vont-ils tous ?
Mais la terre est bien plus forte, et tout l’univers qui la contient, qui rappelle aux hommes par la force de ses prodiges, volcan, océan, vent, étoiles qu’ils sont bien frêles.
Heureusement il y a ces esprits en colère qui résistent ;
La parole ne suffit plus,
les mots n’ont plus d’attaches,
plus de rives,
nous avons trop attendu du ciel
et pas assez de la terre.
Peut-être le rêve prend-il la place de l’espoir évanoui ?
Dans chacune de nos rêveries,
un soleil était à l’œuvre
il brûlait pour l’amour
non pour la guerre.
Roland Dauxois poursuit avec ce livre une œuvre de questionnement qui ne renonce jamais à la lucidité. C’est qu’il s’agit pour lui de tirer le fil entre le monde des légendes virgiliennes et celui qui nous propulse dans des capsules spatiales, celui qui nous trompe, nous fait croire à notre invincibilité sur les éléments.
Il y a cependant chez Roland Dauxois un optimisme final, une volonté de renverser ce désespoir pour faire retour vers la joie si elle est encore possible :
Seul devant l’océan et ses outrances,
falaises déchiquetées,
écume furibonde,
chant des vagues,
et celui plus haut et plus clair des oiseaux.

Tout nous invite à d’autres silences.

En cette fin du jour,
tout respire l’immense.
Les ténèbres ne sont peut-être pas si épaisses qu’on ne puisse se réjouir avec le poète :
Il reviendra le temps des fleurs
qui s’épanouissent dans l’ombre,
ce temps des fleurs qui gardent
en leurs corolles la fraîcheur de l’aube,
la caresse délicate des vents du soir.

Georges Chich

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