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Elisabeth Granjon

7 min de lecture

Poète invitée pour la soirée du 2 février avec Olivier Deschizeaux


Poétesse, nouvelliste, dramaturge et comédienne française, membre de la SACEM, la SACD, du Pen Club français et du Parlement des Ecrivaines Francophones.
Au théâtre, elle joue, fait jouer ses textes et s’implique dans de grands projets culturels de quartier (recueil de paroles, création de kamishibai, partage de poésie vivante…).
D’abord mobilisée par la scène, elle est également reconnue et sollicitée comme écrivaine et pédagogue. Elle anime depuis longtemps des ateliers de présence scénique et d’écriture pour comédiens, clowns, conteurs, enseignants, étudiants, personnes en insertion… convaincue que le talent des mots se situe au-delà de la maîtrise de la langue ou du geste.
Elle participe à des livres collectifs, revues, anthologies, et son sixième recueil de poésie est paru en 2026. Elle réalise également des lectures-spectacles ainsi que des performances poético-dessinées avec une plasticienne.

C’est par l’écriture que son monde s’éclaire et se partage.

Bibliographie
RECUEILS INDIVIDUELS :
• Nous, les descendants (La Rumeur Libre Ed ; mars 26)
• Cerises vertes (Eds le Clos Jouve ; juillet 2024)
• Une claque d’eau salée (La Rumeur Libre Ed ; mars 2024)
• Et puis la liberté, avec photographies d’Annie Lebard ; 2024
• Ma Voix Silence (La Rumeur Libre Ed ; 2021)
• Encore, et pourtant… (Christophe Chomant Editeur ; 2018)

Quelques exemples de parution en REVUES LITTERAIRES ET ANTHOLOGIES :
• 3ligneS ( N°8 revue de micropoésie parallèle ; 2026)
• Poéclic 2023, 24, 25, 26
• Poétesses francophones contemporaines (eds Idem, pef ; 2026)
• Grâce, livre des heures poétiques (Editions Bruno Doucey ; 2024)
• Voix d’écrivaines francophones pef (Editions des femmes ; 2024)
• Città eterna, dessin de Sylvain Cnudde (Scribulation numéro spécial Venise ; 2024)
• Montagne, chemins d’écritures (éditions Voix d’encre ; 2023)
• Pourtant, « là » N°8 de la revue
• L’air de rien (Editions de l’Aigrette ; 2021)
• Traverser (Editions de l’Aigrette ; 2020)
• Tour du monde (Cabaret ; 2020)
• Ecrit(s) du Nord n°35 et n°36 (éditions Henry, 2019)
• Frontières, Bacchanales n°62 (Maison de la poésie Rhône-Alpes ;2019)
• Un rêve (éditions de l’Aigrette 2019)
• FePeMo N°20, (Tarmac Ed ; 2018)
• Ailleurs (Maison de la poésie de la Drôme ; 2018)
• Epier le rêve, œuvre de Suzanna Bauer (éditions chèvre-feuille étoilée ; 2018)

OUVRAGES COLLECTIFS :
• J’ai tant à te dire (résidence artistique 2 ans en hôpital gériatrique). Ed. ArTpenteurs ; 2023
• U.Cello, livret poétique des compositions musicales au violoncelle d’Olivier Gailly ; 2021
• Une étrange famille humaine, être poème dans le monde du handicap. (issu d’ateliers écriture avec personnes IMC) Ed La passe du Vent ; 2020)

NOUVELLES et CONTE ////////////
• Le sac à souvenirs de Panorama Céleste (Conte issu recueil de parole ; eds Artpenteurs ; 2025)
• Une lettre pour plus tard (revue Scribulation ; 2025)
• Dernier sourire (revue Scribulation ; 2023)
• Une photo dans le miroir (Rue St-Ambroise; 2021)
• S’ouvrir à tous les possibles, dessin Wood ( L’Ampoule – Eds de l’Abat-jour ; HS n°3)
• La perle rare, photo Cédric Merland (L’Ampoule- Eds de l’Abat-jour ; autrice invitée HS n°4)
• Le siège est encore chaud… Journal 21 Minutes (2019)
• Le Ronfleur. Short Edition (2016)

Textes :
Intro de « Nous, les descendants », la rumeur libre éditions, 2026

Nous sommes les descendants
Nos poches sont pleines
De la terre d’un pays
Où jamais
Nous ne sommes allés

Nous sommes les descendants
Vous nous avez transmis
Un nom, une généalogie
La couleur de peau
Une implantation de cheveux
La forme des yeux
Une part de vos gènes

Nous sommes les descendants
Nous conservons bien rangés
Des photos froissées
Un anneau de mariage
De vieux papiers d’identité
Des objets ébréchés que nous chérissons
Comme s’ils étaient d’or

Nous sommes les descendants
Malgré nous gardiens de traditions
Détenteurs d’un buffet en chêne
D’un violon pour faire danser
De draps brodés
D’une médaille militaire
Ou d’une montre dorée

Nous sommes les descendants
Dépositaires de votre patrimoine
Nous avons hérité de vos croyances
De vos savoirs faire
Vos recettes ancestrales
D’un truc que vous avez bricolé
Au fond de la cuisine

Nous sommes les descendants
Nous avons en partage
Vos souvenirs teintés de légende
Vos fanfaronnades
Vos doutes
Vos errances
Et le sillon de vos jardins

Nous sommes les descendants
Nous racontons votre histoire
Observons vos modes passées
Rions des coupes de cheveux

Avec émotion
Nous ouvrons des tiroirs secrets
Et lisons vos lettres d’amour

Nous sommes les descendants
Riches de vos migrations
Vos expériences
Vos espoirs
Vos renoncements
Vos courages
Et vos déracinements

Nous sommes les descendants
Dans nos veines coulent
Des guerres et des armistices
Des fuites en avant
Des passages de frontières
De petits héroïsmes
Et de grands périples

Nous sommes les descendants
De nos bouches s’échappent
Un souffle métissé
Des aventures polyglottes
Nous vivons sous un ciel
Qui ne vous a pas vu naître
Et qui parfois nous le rappelle

Nous sommes les descendants
Un jour
Nous cachons
Notre différence
Le lendemain
Nous cultivons
Notre singularité

Nous sommes les descendants
Tous un peu cousins
Parfois lointains
Toujours curieux
de nos origines

*

Extraits de « UNE CLAQUE D’EAU SALEE »- Elisabeth Granjon- La rumeur Libre éditions-13€ :

les vagues ne viennent pas
mourir sur le sable

elles remuent
ce qui en nous
voudrait durer
comprendre
recommencer

remuent
ce qui en moi
voudrait risquer
explorer
tout lâcher
réinventer
——–
il manque
un raz-de-marée
sur mes membres desséchés

il manque
des ailes sous mes semelles plombées
des surprises dans la pulpe de mes mains

il manque
une tornade joyeuse
qui un jour m’emporterait

en phase avec
la perplexité des étoiles
devant un sac plastique
flottant là
une bouffée d’indignation nous unit

mon regard batifole
sur la calligraphie des étoiles
déchiffre le braille de l’univers

j’écoute cet élan vertigineux
il murmure des mots trop grands pour moi
infini osmose plénitude

rassasie une soif d’absolu
que je ne me connaissais pas

Il faudra un jour descendre de ce bateau
je ne serais pas cap-hornière
je ne connaîtrai pas
les quarantièmes rugissants
ni les cinquantièmes hurlants

mais je garderai vive et flamboyante
la mémoire de ce périple
la solitude dans la collectivité
le froid l’humide l’épuisement
le rien et le plein
le corps-à-corps avec le qui-vive
la confiance et la vigilance
l’abandon joyeux
les coups de soleil et les coups de vent
le toujours et le maintenant

bouleversée d’avoir à chaque instant
sur une amure et sur l’autre
vibré au sein de la matière
m’être battue sans m’opposer

avoir connu
les repas lyophilisés
les festins. de rien
la cabine partagée
les toilettes rustiques
parce qu’il faut bien

avoir côtoyé l’essentiel
affronté les éléments
ressenti la peur la basson
la longe de sécurité

avoir vécu tout ça
avoir réussi
en être revenue changée à jamais

j’ai traversé l’Atlantique
à la voile en équipage
Je suis eau
pour toujours


Extraits de « Encore, et pourtant… », Christophe Chomant éditeur

J’ai en moi
Un reste d’amour
Qui pleure

Un premier pas
Ecourté
Un baiser
Avorté
Un désir
Exalté

J’ai en moi
Un espoir d’amour
Qui danse
Au fond

Tout au fond

Le revoir
Le cœur boum boum
Souvenirs à la pelle
Les bons moments
Et les autres

Le revoir
Du fragile dans les mots
Des larmes au bord du cœur
Et cette petite chose
Toujours là

Le cœur boum boum

Je me souviens
D’une apnée infinie
Un état d’apesanteur
Un tremblement

La vibration de sa peau
Jusqu’à la mienne
Un frétillement
D’épiderme

Et puis
Mon cœur
Suspendu
Comme l’instant

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